VIVRE BORDEAUX

Lire l'édito du numéro 19

Décrypter le monde…

L’indépendance a ses vertus qu’il serait dommage de ne pas exploiter…
C’est pourquoi, à l’instar du duo Rancinan/Gaudriault, agitateurs de
conscience pour qui l’acte de créer ne peut se faire qu’en totale liberté,
nous avons pris le parti de mettre en avant cette étonnante photographie,
à la fois impertinente, drôle et terriblement subversive. Reflet de
notre époque excessive, hyper connectée… Une image sans trucage,
véritable prouesse photographique, mobilisant une quarantaine de
personnes, nécessitant des semaines de travail et une scénographie
millimétrée, que nous vous invitons vivement à découvrir dans son intégralité
page 32 de ce numéro. Et surtout grandeur nature, dans le cadre
de l’exposition Festins à l’institut Bernard Magrez jusqu’au mois de juin.

… en toute liberté
Car ils font partie de ces artistes qui ont toujours été dans l’observation
du monde, avec ses joies, ses drames, ses beautés, ses dérives, ses
défaillances… comme pour mieux rendre compte des bouleversements
de notre société. Artistes miroirs, qui nous invitent à entrer dans un
univers dont nous ne ressortirons pas intacts ! La pétillante plasticienne
Anne Mondy – qui nous confie ses adresses bordelaises préférées
page 162 – est aussi de cette trempe-là. À partir de trésors accumulés
(affiches chinées, magazines, coupures de presse, papier cadeau), Anne
Mondy décrypte, décortique, interprète son époque en « papertornant »
la matière. Un mot inventé par elle, aussi singulier que son art du papier
qu’elle déchire dans un mouvement libérateur, afin de lui donner une
dimension esthétique, reflet de ses sentiments, de ses émotions, de ses
idées. À l’image de l’aérienne Raphaëlle Boitel, libre comme l’air, qui renouvelle
la pratique circassienne par une écriture à la croisée du cirque,
du théâtre, de la danse et du cinéma.
Une jolie leçon de liberté de l’art, de liberté d’être.

Émilie Dubrul