VIVRE PARIS

Lire l'édito Vivre Paris 32 Lettre à Anne

Peut-être avez-vous été étonné en découvrant ce nouveau numéro de Vivre Paris : pour la première fois, nous affichons une femme politique en couverture… Je vous fais entrer dans les coulisses de la rédaction : nous aussi, nous avons longuement hésité. Est-ce que c’était vraiment notre rôle de parler politique ? Pas vraiment.

Mais les décisions d’Anne Hidalgo touchent directement notre vie, mon quotidien de jeune maman parisienne, un brin bobo, je le confesse. Je vis à Paris depuis plus de 20 ans et ses rues ne cessent de m’émerveiller. Si je n’ai pas le moral, il suffit d’aller me balader vers les quais pour le retrouver, gonflée d’une fierté sans nom. « Je suis parisienne ! J’habite dans la plus belle ville du monde ! »

Depuis 8 ans, Vivre Paris célèbre d’ailleurs la beauté de la Ville Lumière et le génie des artisans et des créatifs de tout poil qui la peuplent. C’est ici que je veux que ma fille grandisse. Seulement, vivre à Paris devient de plus en plus difficile et, même si la mairie ne peut pas tout régler, ses erreurs de gestion impactent mon quotidien. J’adore me balader à Paris, mais ses trottoirs sont défoncés, circuler en poussette relève du Koh-Lantha urbain et je vois de plus en plus de rats.

J’adore me balader dans Paris, mais pourquoi je ne me sens pas en sécurité dans certains quartiers dont j’arpentais avant les trottoirs sans peur ? Oui, j’adore Paris, mais s’y loger devient impossible, notamment parce que la mairie a eu une législation trop souple vis-à-vis d’Airbnb. Ces sensations diffuses de mal-être, les deux journalistes et auteurs du livre Notre-Drame de Paris les ont réunies.

Ce ne sont pas juste les peurs injustifiées d’une quadra flippée : hélas, les chiffres les corroborent. À l’heure où ma ville chérie va accueillir les Jeux olympiques, où je vous vois dans les autres capitales, chère Anne, parler de vos prouesses pour chasser les voitures de Paris, j’aimerais bien que vous reveniez à nous, les Parisiens et les Parisiennes. Oui, j’ose le dire : que vous vous arrachiez des bras de Leonardo Di Caprio pour régler mes petits problèmes quotidiens, avant toute chose.

Avant même les Jeux olympiques. Parce que la vérité, c’est que si tout continue ainsi, ces jeux, je les verrai à la télé. Car je n’habiterai plus Paris. J’aurai déménagé de la plus belle ville du monde pour offrir à ma fille tout simplement une place en crèche, des trottoirs propres et un futur où elle se baladera en jupe sans peur. Bien à vous. Estelle Surbranche

Couverture Vivre Paris 32
Couverture Vivre Paris 32